la conscience

Extraits à propos de la conscience                                           En savoir plus sur l’auteur

…/… L’ensemble des doctrines Traditionnelles, chacune avec ses nuances particulières, s’accorde sur l’idée que l’existence est un voyage de l’être dans la matérialité dans le but d’éveiller une conscience capable de rendre l’esprit conscient de lui-même. Loin de mépriser la matière par rapport à l’esprit, je crois qu’il faut voir plutôt avec la stricte matérialité des choses de l’existence, une source d’occasions susceptibles de permettre une évolution de l’être vers sa source. Une vie terrestre est une suite d’opportunités qui seront, ou non, saisies au passage pour une ouverture progressive de la conscience. Diverses approches envisagent l’existence comme une « proposition » du divin de s’élever jusqu’à lui.

…/…Quand la conscience s’est mise à luire autour de la tête des hommes, leur regard s’est mis à s’intéresser au vaste monde pour en comprendre les secrets. Leur conscience s’est mise à réaliser que tout ce qui est perceptible est le résultat de causes qui n’apparaissent pas. Un mouton ne se demande pas comment et pourquoi il y a de l’herbe dans la prairie. Il en reste à un point de vue qui ignore l’antériorité des choses. Il s’en tient qu’à ce qu’on peut en faire postérieurement, comme si les choses étaient leur propre cause, ou encore comme si les choses ne répondaient qu’à des principes limités[1]. Pour l’animal l’univers se limite à ce qui est immédiatement désiré ou redouté.

Nous l’avons déjà exprimé, la base de toute compréhension métaphysique se trouve dans cette phrase d’Hermès Trismégiste : « Tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas » qu’il s’agit de comprendre comme la loi universelle de reproduction à l’infini des mêmes processus. Nous avons aussi évoqué le symbolisme des poupées russes qui s’emboîtent sans fin et à l’identique qui exprime la même loi.

C’est ainsi qu’au-delà de la physique qui rend compte de la matérialité des choses[2], il y a la métaphysique qui rend compte des causes et des principes à l’origine de cette matérialité[3]. Les principes s’emboîtent dans des principes de rang supérieur qui à leur tour font de même et ainsi de suite jusqu’au Principe de tous les principes. On voit par là que la métaphysique est en amont de la matière elle-même et que son champ d’investigation se situe dans le monde des principes qui par définition sont immatériels, même s’ils sont la cause de la matérialité. C’est ainsi qu’aucune science qui se contente d’étudier les propriétés de la matière ne débouchera sur les grandes Vérités métaphysiques qui ne peuvent se rencontrer que par des moyens immatériels, c’est-à-dire par des moyens qui sont de même nature que ce que l’on prétend explorer. Quant aux moyens immatériels en question, la loi universelle de l’analogie dont nous avons parlé nous permet de déboucher tout naturellement sur la notion de symbole.

Cette notion nécessite une juste compréhension car c’est le moyen, et le seul, qui permet à l’intelligence de s’élever dans le monde des principes[4]. En effet, il est vain de se figurer que le bas pourrait expliquer le haut avec des moyens du bas. Les choses sont hiérarchisées du détail au global, et si le global peut comprendre directement un détail, l’inverse n’est pas possible. On ne peut pas déduire une voiture à partir d’une molécule du tissu d’un fauteuil[5]. C’est pourquoi, pour qu’un détail doté de conscience puisse s’élever vers le global, il doit être « guidé » par un processus qui le permet. C’est là précisément ce que permet le symbolisme.

Un symbole est une représentation « en miniature » d’un ensemble immense. Le symbole est d’un niveau inférieur à ce qui est symbolisé, il est donc accessible. Il permet d’envisager d’un seul coup un ensemble insondable ou inconnu. Il permet de s’en saisir et d’en prendre acte comme s’il était conscientisé. Même si ce n’est pas le cas, même si l’on n’a qu’une vague idée du contenu, l’utilisation du symbole permet d’utiliser tout ce qui est symbolisé[6] et inconnu. En manœuvrant avec différents symboles on peut avoir une action à un niveau inaccessible à la seule raison raisonnante qui, elle, ne manœuvre que des données déjà connues.

De cette action par la symbolique on peut tirer toutes sortes d’évènements et en particulier, pour ce qui nous intéresse dans ce propos, un accès aux vérités métaphysiques qui s’imposent d’elles-mêmes par la façon dont les symboles se configurent naturellement. En effet chaque symbole obéit aux lois de ce qu’il représente alors que ces lois peuvent rester cachées. Des symboles interdépendants ne peuvent s’agencer qu’en fonction des lois et principes de chacun d’eux. Ils enfantent d’un troisième terme qui est le seul résultat cohérent possible. C’est la saisie de la façon dont les symboles s’organisent d’eux-mêmes qui permet la saisie d’une vérité métaphysique inaccessible autrement.


[1] Limitations qui sont en fait celles de l’observateur.

[2] La physique peut déduire par l’analyse les lois et principes qui conditionnent les dernières phases d’un phénomène dans son expression matérielle, ce qui n’est qu’une infime partie des principes en amont dont l’immensité est proprement insondable.

[3] De façon globale, bien entendu.

[4] Nous ne parlons pas ici des principes de proximité qui peuvent se déduire à l’aide des sciences d’observation. Il s’agit des principes de rang supérieur inaccessibles par l’analyse et la raison.

[5] Ce n’est là qu’une image, imparfaite bien entendu car discutable dans l’absolu.

[6] Ou du moins, tout ce qui concerne l’aspect du symbole qui est considéré à un moment donné. En effet, un même symbole peut avoir de multiples aspects.

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