A propos de la psyché

…/…  Ce point central est incréé mais il est le principe de la création corporelle. C’est, par exemple, le « moteur immobile » d’Aristote ou c’est le moyeu de la « rota » de la Kaballe qui symbolise l’existence par une roue. C’est lui qui transmet sur le plan de l’existence les informations qui conditionnent la vie ; il est la cause et le principe du Vivant. On notera que l’être est dépositaire de cette qualification parce qu’il est situé sur un rayon de L’Etre Universel. Il est donc à son image, investi d’une semblable qualité[1].

 

Le déploiement de l’être vivant dans une existence s’effectue à partir de ce point hors l’espace/temps[2]. Le train d’informations que transmet le point central va conditionner « l’éther » pour la construction d’un être individuel « éthérique » ou « psychique » ou « astral », selon la formulation qu’on voudra adopter[3]. La partie centrale de cet être individuel est ce qu’on appelle l’âme vivante dont on notera l’étroite proximité avec le point central. Le « souffle vital » en s’éloignant du centre produit une « corporalité » de moins en moins subtile et de plus en plus dense jusqu’à conditionner la matière telle que nous la connaissons et ainsi aboutir à l’être corporel vivant. La psyché peut donc être considérée comme l’interface entre le principe spirituel et l’être corporel et matériel qui constitue le tout dernier stade du processus[4].

 



[1] C’est le Père et le Fils de la chrétienté.

[2] Selon un schéma Traditionnel le point central se déploie (espace spatial) sur une droite horizontale et conditionne l’état de l’être dans l’existence considérée (symbolisme de la croix), par exemple l’état humain. Cette droite qui va ensuite parcourir (espace temporel) le plan de façon circulaire (l’existence).

[3] Les mots sont tellement connotés de diverses façons qu’on ne sait plus lequel utiliser sans soulever des objections de ceux qui l’utilisent avec un sens plus restreint ou plus large.

[4] Saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens parle du corps psychique comme d’une première manifestation corporelle dans la matière subtile de l’âme vivante. On peut comprendre que ce corps est ensuite caché, obscurci par une pesante enveloppe charnelle faite de matière grossière.

 

 

 

…/… il est à considérer que si le mot psychisme rend compte d’un champ intermédiaire entre le corps et l’esprit, champ où circule de l’information, il est plus facile pour évoquer les phénomènes qui s’y passent de distinguer plusieurs étages. Même s’il s’agit d’un tout où toute division est arbitraire, une représentation schématique permet d’éviter de tout mélanger. Beaucoup d’approches ont fait de même, et par souci de simplicité nous nous contenterons de trois étages principaux, même s’ils ne coïncident pas forcément à d’autres découpages. Du moins subtil au plus subtil, nous distinguerons le psychisme périphérique, le psychisme moyen et le psychisme central. Nous développerons ce sujet plus loin.

 

 

Extraits à propos du psychisme périphérique

 

…/…  Les « gourous » de tous poils, les professeurs Nimbus de toutes les obédiences ou les marioles du café du commerce ne seront pas là pour glisser leurs points de vue quand chacun de nous, un de ces quatre, se trouvera en face de lui-même, au terme de cette existence ! Alors voyons tout de suite si les quelques indications qui suivent sont susceptibles de réveiller, directement ou indirectement, quelques bribes enfouies au fond de soi.

Le psychisme périphérique, c’est cette partie du psychisme qui est la plus proche de la matière et de la corporalité. Bien qu’appartenant à l’ordre subtil, elle est étroitement liée à la matière corporelle, et plus particulièrement au système nerveux et au cerveau ; la relation se fait sous forme « d’influences » plus ou moins subtiles, donc plus ou moins sensibles[1]. Le mental est cette faculté qu’a le cerveau à « manœuvrer » dans l’ordre subtil sans dépasser la proche banlieue de l’ordre corporel. On notera au passage que la raison est une faculté humaine régie par le mental qui ne saurait franchir l’extrême périphérie de la psyché, juste à la limite de la corporalité…


[1] Le mot énergie est le plus souvent attribué à l’aspect sensible d’une influence, c’est à dire perceptible par nos sens. Or nos sens sont des modalités de l’ordre matériel et corporel. Au plan psychique il faudrait préciser pour éviter toute confusion :  « énergie subtile ».

 

 

…/…  Nous ferons ici, en passant, une remarque pour faciliter la compréhension. La pensée est une manifestation sensible (c’est à dire accessible à nos sens) de notre réalité « immatérielle ». Les objets mentaux sont faits de matière subtile, ils sont tout aussi réels et existants que les choses faites de matière dense. Ainsi notre être est créateur permanent de prolongements de lui-même qui prennent forme et vie dans la matière éthérique. Nos pensées sont des extériorisations de notre être, des « excroissances » qui existent (qui vivent extérieurement) de façon autonome dans l’ordre subtil. A ce titre, notre corporalité n’est qu’une manifestation plus dense, une extériorisation plus solide de notre être.

 

Cette remarque nous amène, en passant, à considérer par analogie que si « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », l’Etre Suprême s’exprime de la même façon. Il est créateur permanent de prolongements de Lui-même dont chacun de nous est une manifestation « autonome ». C’est mettre l’accent sur l’évidence d’une Pensée originelle créatrice (le Logos).

 

Ce sur quoi nous mettrons aussi l’accent, c’est que dans l’ordre subtil, nous l’avons déjà dit, les éléments psychiques ont la « faculté » de communiquer entre eux. Ceci dans les cas où il y a analogie (ou synchronicité, ou affinité, ou encore adaptation[1]). Cette faculté « explique » toutes sortes de phénomènes. N’oublions pas que dans l’ordre subtil le temps et l’espace n’ont pas de commune mesure avec ce que nous connaissons au plan matériel. De plus ces relations psychiques peuvent s’établir entre tout ce qui se trouve dans le monde psychique indépendamment des individualités.

 

De même qu’on peut se rencontrer physiquement selon certaines conditions, de même des rencontres psychiques se font selon d’autres conditions[2].

 

C’est ainsi qu’on rencontrera au plan le plus périphérique de la psyché tous les phénomènes de la pensée ordinaire et de la raison, ainsi que tous les phénomènes à peine un peu plus discrets de perceptions extrasensorielles, d’instinct, d’intuition ordinaire, de transmission de pensées, d’influence à distance etc. qui ne sont en somme que de simples prolongements au plan subtil de ce qu’est la physique au plan matériel[3].

 


[1] Ce dernier terme est celui qui est utilisé en alchimie.

[2] Parmi les conditions, on se souvient que pour que deux éléments puisse se rencontrer, il y a d’abord la nécessité qu’ils coexistent sur un même plan.

[3] Si tant est qu’on puisse s’exprimer ainsi, puisque de fait, c’est la matière qui est en prolongement de l’ordre subtil.

 

 

Extraits à propos du psychisme moyen

 

…/…  Dans l’ensemble du psychisme moyen, nous classerons les « enveloppes » psychiques appartenant à des êtres. Nous rappelons que l’être se déploie depuis son centre qui est esprit…

 

Toujours dans ce monde psychique moyen, il est encore quelques éléments à considérer si on veut rester aussi proche que possible des grandes doctrines traditionnelles. Le corps physique reste vivant tant qu’il est « animé », c’est-à-dire tant qu’il reçoit les informations vitales de l’âme vivante. L’âme en est « imprégnée » par l’esprit. Quand le train d’informations s’interrompt à la périphérie du corps subtil, le corps matériel devient un cadavre et se dissout progressivement pendant une durée variable qui reste conforme à l’ordre naturel de la matière. Cependant rien ne s’oppose à ce que l’être reste pour un temps vivant au plan psychique. Il s’exprime alors en tant qu’entité psychique[1]. Le corps psychique à son tour finira par se couper du souffle vital et deviendra un « cadavre » psychique qui se dissoudra pendant une durée plus ou moins longue dans une toute autre dimension de temps, un temps correspondant à l’ordre naturel du plan subtil[2].

 

L’être poursuivant son processus de « réintégration » regagnera alors son âme en vue de son ascension spirituelle qui pourra passer par d’autres cycles d’existence en d’autres mondes. En sens inverse, on peut imaginer qu’un être, en cours de déploiement d’une existence, peut être déjà vivant au plan psychique sans l’être encore au plan corporel.

 

 

Ce qui précède amène une considération. De même que la matière qui a servi à un être vivant pourra être réutilisée par un autre être vivant en conservant les mêmes propriétés physiques, de même des résidus psychiques plus ou moins agencés entre eux par le processus de dissolution peuvent être réutilisés par un être vivant sous forme « d’influence » psychique. On les appelle parfois des « influences errantes ». De nombreuses superstitions viennent de l’idée que les éléments psychiques en question, qui ne sont en fait que des débris sans vie, puissent avoir des intentions. Il est important de distinguer ces éléments psychiques qui ne sont que de simples donnés laissées par des êtres, des entités psychiques qui sont des êtres considérés au plan psychique.

 

Par contre ces débris sans vie, ces résidus ou ces écorces psychiques, comme on voudra, conservent leurs propriétés psychiques et pour peu qu’un être vivant s’y associe d’une façon ou d’une autre, il en reçoit les influences correspondantes[3]. Ce qui était sans vie, se met à prendre vie (par procuration, si j’ose dire). C’est mettre l’accent sur tous les dangers et égarements auxquels s’exposent ceux qui vont jouer dans les poubelles, ou encore les ignorants que les superstitions ou faiblesses rendent vulnérables à ce genre de parasitisme. Ces influences induisent dans la psyché de l’individu des éléments étrangers qui, tels des virus, conditionnent aveuglément son imaginaire et qui sont à la source des délires.

Si nous abordons partiellement ce sujet à l’occasion de notre étude sur l’accompagnement, c’est que ce phénomène est, on ne peut plus, répandu. J’ajouterai même, que l’absence de réflexion sur cet aspect des choses, conduit les plus faibles à rester sans secours. Il n’y a plus d’instances officielles pour les aider, quant à ceux qui s’y penchent, il y a malheureusement dans la marginalité de nombreux égarés. Il existe cependant un nombre croissant de personnes qui savent voir les choses en face, d’authentiques chercheurs qui apprennent à penser par eux-mêmes, indépendamment des modes et coutumes du moment.


[1] Entité vient du latin entitas qui est issu du verbe être (ens, entis).

[2] Il est aventureux de se prononcer à ce sujet, on peut simplement soupçonner un temps considérablement plus lent, donc des durées beaucoup plus longues par rapport au plan corporel. A moins que ce soit parfois l’inverse ! Qui sait ?

[3] Influences par transmission de débris de mémoires émanant des éléments psychiques considérés. Les connections se font par adaptation ou synchronicité, bien entendu. Du coup, des intentions latentes, neutres jusque là rencontrent l’occasion de s’exprimer, comme des données inertes sur le disque dur d’un ordinateur qui se mettent à avoir une action sous l’effet d’un programme.

 

 

Extraits à propos du psychisme central

 

…/…  Aperçus et présomptions

 

Ø  La partie la plus fine de la psyché est symboliquement la proche banlieue de l’âme vivante, au centre de notre réalité existentielle.

 

Ø  En cet intime raffinement de notre identité subtile, s’exprime notre intellect supérieur qui est une disposition humaine capable d’entrer en résonance avec la lumière intelligible (expression divine dans la manifestation).

 

Ø  Dans les hautes sphères de la psyché, se rencontrent par verticalité les influences spirituelles qui illuminent le milieu, et par horizontalité les éléments psychiques illuminés (glorieux, radieux etc.)

ØLa perception par le regard de l’âme est l’Amour.

 

Il n’est pas possible de se faire une idée de l’Amour, aussi vague soit-elle, si on reste dans la confusion avec l’attachement affectif. Aux deux extrémités de la psyché, deux manifestations semblables et diamétralement opposées, telles les deux faces d’une même pièce, avec un côté obscur et un côté rayonnant.

 

Ces deux aspects d’un même élan poursuivent une quête commune, celle de rencontrer le bonheur par l’Autre. Or la quête affective est perdue d’avance car elle est fondée sur le besoin et la demande. Elle ne rencontrera jamais le véritable bonheur, elle permettra au mieux de se satisfaire de circonstances rassurantes qui apaisent pour un temps la soif inextinguible de l’ego. Une présence qui comble ses attentes, comme le faisait sa propre mère ; mais à défaut, il faudra subir les affres de la désillusion, du manque et de la frustration.

Quant à la quête de l’Amour, elle seule n’est pas illusoire, elle seule est susceptible de rencontrer le véritable bonheur, car elle seule est réaliste en cherchant à restaurer sa véritable nature profonde ; cependant, l’expérience montre que la voie est rendue difficile par cette confusion dont nous venons de parler. Tant que l’ego n’est pas maîtrisé et qu’il occupe le terrain, l’essentiel est noyé au travers de barbouillages infantiles et capricieux.

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